Lumière et couleurs

Les vitraux de Notre-Dame : de la création à la conservation

Les magnifiques vitraux colorés de la basilique Notre-Dame de Montréal sont bien plus que des décorations : ce sont de véritables œuvres d’art, créées avec patience et savoir-faire, chacune racontant une histoire et illuminant l’intérieur de l’église d’une lumière polychromatique. Comment ont-ils été fabriqués ? Et comment doivent-ils être entretenus afin de conserver leur beauté et solidité au fil du temps ? 

Publié le 26 sept. 2025 | Mis à jour le 22 oct. 2025

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Normand Rajotte

Le verre d’abord 

La fabrication des vitraux débute avec le verre lui-même. À la main, des artisans soufflent et colorent le verre en y ajoutant des oxydes métalliques afin d’obtenir des teintes riches et variées, allant du rouge profond au bleu éclatant, en passant par le vert ou l’or. Chaque morceau de verre est ensuite découpé selon un dessin précis, souvent inspiré d’un thème religieux ou historique.

Ces morceaux sont ensuite assemblés comme un casse-tête, maintenus ensemble par des baguettes de plomb qui forment le réseau visible sur les vitraux. Pour fixer définitivement l’ensemble, les points de jonction sont soudés et un mastic spécial est utilisé pour rendre la fenêtre étanche. 

L’effet des éléments 

Ces vitraux doivent être en mesure d’affronter l’usure du temps. La lumière du soleil, si belle à travers le verre, provoque progressivement des changements qui fragilisent le plomb. Le vent, la pluie et les variations de température exercent aussi une pression sur l’ensemble de la structure. Par conséquent, une restauration devient éventuellement indispensable pour préserver l’œuvre.

Les spécialistes en la matière nettoient les vitraux avec des produits doux, sans abrasifs, pour ne pas rayer ni endommager le verre coloré. Ils en profitent pour également vérifier l’état des baguettes de plomb, en les scrutant pour détecter des signes de fatigue ou de corrosion. 

Une protection supplémentaire 

Si un vitrail est trop abîmé, il peut être démonté et confié à des artisans-restaurateurs. Ceux-ci remplacent les morceaux cassés par du verre neuf, soufflé et coloré à la main, dans la même tradition que celle utilisée à l’origine. Les baguettes de plomb sont refondues ou changées, et tout est remonté avec un soin extrême afin de conserver l’authenticité et la beauté de l’œuvre. 

Enfin, pour protéger les vitraux, un vitrage extérieur transparent est souvent ajouté. Tout en laissant passer la lumière, cette seconde couche agit comme un bouclier contre la pluie, la poussière et la pollution. 

Des couleurs qui illuminent 

Lorsque les travaux de restauration des vitraux de la basilique Notre-Dame de Montréal auront été entamés et finalisés, leur mission de raconter leurs histoires et d’éclairer l’intérieur de l’édifice de leurs couleurs vibrantes continuera de plus belle. Prendre soin de ces chefs-d’œuvre, dont chaque exemplaire est unique, c’est protéger un patrimoine précieux faisant partie intégrante d’un édifice remarquable.