Le grand orgue Casavant de la basilique
Trônant sur la face nord de l’édifice depuis 1891, le grand orgue Casavant de la basilique Notre-Dame de Montréal est bien plus qu’un instrument intégré au décor : il s’agit en fait d’un monument dans un monument. De la taille d’une maison de deux étages et comptant 7 000 tuyaux, chaque donnée technique raconte autant l’audace des facteurs d’orgues québécois que l’acoustique unique de la nef néogothique.
Publié le 19 août 2025 Lecture 2 min.
Voici quelques nombres impressionnants relatifs au magnifique orgue Casavant de la basilique :
1891
L’année d’inauguration de l’instrument. Premier quatre-claviers livré par l’entreprise Casavant Frères, l’Opus 26 a propulsé l’atelier de Saint-Hyacinthe sur la scène internationale.
7 000 tuyaux
Des tonalités les plus graves aux plus aigües, la forêt de tuyaux de cuivre et d’étain fait vibrer l’espace comme aucun haut-parleur ne le pourrait.
9,75 mètres (32 pieds)
Il s’agit de la longueur du plus grand tuyau de l’orgue. Visible dans la façade, ce géant projette la note la plus grave que l’oreille humaine puisse percevoir en dessous de 16 Hz.
6,35 mm
Voilà la longueur du plus petit tuyau de l’instrument. À peine plus long qu’un ongle, il délivre un presque sifflement qui se perd sous la voûte bleue étoilée.
92 jeux
Autant de « couleurs sonores » que l’organiste peut combiner afin de passer d’un chuchotement de flûte à une pleine harmonie d’orchestre.
122 rangs
Chaque jeu peut comporter plusieurs rangées de tuyaux. Au total, l’orgue déploie 122 rangs, reflet de sa complexité mécanique.
4 claviers manuels
Les notes étant réparties sur quatre claviers, chacun contribue à former et à créer la palette sonore, comme le ferait un chef d’orchestre devant différents pupitres.
61 notes par clavier
Quatre octaves et demie, 61 notes par clavier : de quoi couvrir la quasi-totalité du spectre d’un orchestre symphonique.
32 touches au pédalier
Les « basses » se trouvant sous les pieds de l’organiste, elles sont essentielles aux grands chorals romantiques et aux effets de tonnerre liturgiques.
1991
L’année du centenaire de l’orgue Casavant et de sa modernisation. L’instrument a alors gagné quelques jeux supplémentaires, ainsi qu’un nouveau système de combinaison électronique, en plus d’une restauration complète de la transmission électropneumatique.
L’ingénierie derrière la voix
Du frémissement d’un piccolo à la masse tonitruante d’un tutti, ces dix nombres résument l’ampleur d’une machine sonore québécoise dont la réputation dépasse de loin les murs de la basilique elle-même. Chaque note jouée rappelle l’ingénierie visionnaire de Casavant Frères, l’acoustique exceptionnelle de la basilique Notre-Dame de Montréal et, surtout, la nécessité de préserver cet impressionnant mais fragile géant pour les siècles à venir.

