Originalité et inspiration

Ce que l’architecture de la basilique Notre-Dame de Montréal doit à Paris

En raison de certaines caractéristiques, il peut parfois y avoir confusion entre les monuments Notre-Dame de Montréal et Notre-Dame de Paris : au-delà des noms similaires, est-ce que l’édifice montréalais est en partie une réplique de sa célèbre cousine parisienne ? 

Publié le 26 sept. 2025 | Mis à jour le 22 oct. 2025

Lecture 2 min.

Dans les faits, la basilique Notre-Dame de Montréal n’a jamais eu pour vocation de copier la cathédrale Notre-Dame de Paris. Si elles partagent un héritage catholique et un certain goût pour la verticalité gothique, leurs liens directs sont plus éloignés. 

À première vue, l’amalgame est compréhensible. La façade à deux tours, la pierre grise, les vitraux… tout cela peut évoquer la cathédrale parisienne, mais les comparaisons peuvent s’arrêter là. Notre-Dame de Montréal, érigée entre 1824 et 1829, est une création originale, dessinée par l’architecte d’origine irlandaise James O’Donnell dans un style néogothique bien particulier, typique du renouveau architectural du 19e siècle. Ce n’est donc pas une réplique, mais une interprétation nord-américaine du gothique européen, adaptée à son époque, à son lieu, et à ses fidèles. 

L’inspiration venue d’une autre œuvre 

Ce que peu de gens savent en revanche, c’est que l’intérieur spectaculaire de la basilique montréalaise, tout en bois sculpté, couleurs profondes et vitraux lumineux, s’inspire davantage de la Sainte-Chapelle de Paris que de Notre-Dame de Paris. La Sainte-Chapelle, construite au 13e siècle, est un bijou d’élancement et de lumière. Ni massive ni imposante comme Notre-Dame de Paris, elle offre néanmoins une finesse baignée de couleurs grâce aux vitraux couvrant la quasi-totalité des murs. 

C’est précisément cette atmosphère, ce mariage du sacré et du spectaculaire, que l’on retrouve dans la nef de la basilique Notre-Dame de Montréal. Les voûtes étoilées, les murs bleus profonds, les dorures, les jeux d’ombres et de lumière : tout semble conçu pour élever le regard et l’esprit, comme dans la Sainte-Chapelle parisienne. Il ne s’agit pas d’une copie, mais plutôt d’une inspiration discrète, intégrée dans un projet architectural différent conçu au Québec. 

Une approche architecturale locale 

Ainsi, la basilique Notre-Dame de Montréal ne cherchait aucunement à rivaliser avec la cathédrale Notre-Dame de Paris, ni à s’en faire l’écho. Elle s’inscrit dans une autre histoire, sur un autre continent, avec ses propres aspirations et son propre langage architectural, autant marqué par l’influence délicate de la Sainte-Chapelle européenne que par l’imaginaire nord-américain du 19e siècle.  

C’est cette combinaison, comprenant héritage, inspiration et originalité, qui fait de la basilique Notre-Dame de Montréal un lieu à part, enraciné et unique.